Bali n'a pas de fiscalité propre
Bali est une province de l'Indonésie. Il n'existe pas de fiscalité spécifiquement 'balinaise' — c'est le droit fiscal national indonésien qui s'applique sur toute l'île, comme partout en Indonésie. Les règles décrites dans cette page valent donc pour l'ensemble du territoire indonésien.
Fiscalité et convention
Une fiscalité mondiale — très différente des pays du Golfe.
Bali attire de nombreux Français par sa qualité de vie, son coût modéré et son atmosphère unique. Sur le plan fiscal, il ne faut pas la comparer aux Émirats ou au Qatar — l'Indonésie n'est pas un pays à fiscalité nulle. Les résidents fiscaux y sont imposés sur leurs revenus mondiaux, avec un barème progressif. Des dispositifs spécifiques (visa digital nomad, loi omnibus) créent des exonérations partielles, mais conditionnelles. Ce sujet est lié au guide sur la résidence fiscale des expatriés français.
Un système d'imposition mondiale — pas territorial
C'est la différence fondamentale avec les pays du Golfe ou avec Hong Kong. L'Indonésie applique un système d'imposition de résidence : les résidents fiscaux sont imposés sur l'ensemble de leurs revenus mondiaux, quelle que soit leur source. Un Français résidant à Bali et percevant des revenus en France, à Singapour ou aux États-Unis devra en principe les déclarer en Indonésie. La convention France-Indonésie de 1979 organise la répartition et évite la double imposition effective via des mécanismes de crédit d'impôt.
La convention fiscale France-Indonésie du 14 septembre 1979
La France et l'Indonésie sont liées par une convention fiscale signée à Jakarta le 14 septembre 1979, entrée en vigueur le 13 mars 1981. Elle couvre les impôts sur le revenu et sur la fortune, et vise à éviter les doubles impositions. Elle établit des règles de répartition du droit d'imposition par catégorie de revenus (salaires, dividendes, revenus immobiliers, etc.) et prévoit des mécanismes de crédit d'impôt. En cas de conflit de résidence fiscale, la convention prévoit une hiérarchie de critères : foyer d'habitation permanent, centre des intérêts vitaux, résidence habituelle, nationalité. À noter : il n'existe pas de convention franco-indonésienne sur les successions et les donations.
La résidence fiscale indonésienne : le seuil des 183 jours
Est considéré comme résident fiscal indonésien tout étranger séjournant plus de 183 jours sur une période de 12 mois en Indonésie — ou résidant en Indonésie avec l'intention d'y séjourner durablement (permis de résidence KITAS ou KITAP). Depuis un durcissement récent (règlement PER-23/PJ/2025), les administrations de l'immigration et du fisc partagent leurs données en temps réel. Un séjour supérieur à 183 jours entraîne désormais une résidence fiscale automatique. Les résidents fiscaux doivent obtenir un numéro d'identification fiscale (NPWP) et déposer une déclaration annuelle avant le 31 mars.
Les dividendes de source française : retenue à la source en France
Pour un résident fiscal indonésien, les dividendes versés par des sociétés françaises sont imposables en Indonésie selon la convention. Mais la France applique une retenue à la source de 12,8 % sur ces dividendes versés à des non-résidents français. Un crédit d'impôt peut être accordé en Indonésie pour éviter la double imposition effective — mais cela implique des démarches administratives dans les deux pays.
Visas et régimes spéciaux
Les dispositifs qui peuvent réduire la charge fiscale à Bali.
Le visa digital nomad (Second Home Visa et Remote Worker Visa)
L'Indonésie a développé des dispositifs spécifiques pour attirer les nomades numériques. Le visa 'Second Home' (10 ans, renouvelable) nécessite un investissement minimum de 130 000 dollars en Indonésie (immobilier ou dépôt bancaire) et offre des avantages fiscaux. Le visa 'Remote Worker' permet sous certaines conditions de ne pas être imposé sur les revenus étrangers (revenus de clients non indonésiens), pendant sa durée de validité. Ces dispositifs visent explicitement à attirer les travailleurs à distance sans créer de charge fiscale sur leurs revenus offshore.
L'exonération des revenus étrangers sous la loi omnibus
La loi omnibus de 2021 a introduit une exonération des revenus de source étrangère pendant 4 ans pour certaines professions et investisseurs résidant en Indonésie. Cette exonération ne s'applique qu'à une liste de professions définie par décret. Elle peut être un avantage significatif pour les profils éligibles pendant la période d'installation.
Le cas des digital nomades sur visa touristique
De nombreux Français vivent à Bali sur des visas touristiques ou sociaux, souvent sans s'enregistrer comme résidents fiscaux. Légalement, dès lors que la présence dépasse 183 jours, la résidence fiscale indonésienne s'applique — indépendamment du type de visa. Les autorités indonésiennes ont annoncé un contrôle renforcé, notamment à Bali, des travailleurs étrangers exerçant sans autorisation. Cette situation comporte des risques juridiques et fiscaux qu'il convient d'anticiper.
Opportunités patrimoniales
Ce qui reste pertinent depuis Bali.
Assurance-vie luxembourgeoise depuis l'Indonésie
L'Indonésie est généralement acceptée par les principales compagnies luxembourgeoises, sous réserve de vérification par compagnie. La fiscalité des rachats dépend de la convention France-Indonésie et du régime fiscal applicable au souscripteur. Contrairement aux pays du Golfe ou à Singapour, l'Indonésie impose les revenus mondiaux de ses résidents fiscaux — les rachats sur contrat d'assurance-vie étrangers pourraient être imposables localement. Une analyse précise est nécessaire avant toute opération.
Guide AV luxembourgeoise pour expatriés →Planification du retour en France
Pour les Français à Bali qui anticipent un retour en France, la préparation patrimoniale doit tenir compte de la fiscalité indonésienne sur les rachats et cessions. Contrairement aux Émirats ou au Qatar, les arbitrages réalisés en Indonésie ne sont pas nécessairement exonérés localement. Le visa, le statut fiscal et la nature des revenus influencent significativement la situation — une analyse au cas par cas est indispensable.
Checklist du retour en France →Points de vigilance
Ce qu'il ne faut pas négliger à Bali.
La succession et les donations : pas de convention avec la France
Il n'existe pas de convention fiscale entre la France et l'Indonésie sur les successions et les donations. En cas de décès, la succession d'un résident fiscal indonésien portant sur des biens français sera soumise au droit français applicable aux non-résidents, sans mécanisme conventionnel pour éviter une éventuelle double imposition. Ce point mérite une attention particulière pour les profils avec un patrimoine important en France.
La détention immobilière à Bali : restrictions importantes
Les étrangers ne peuvent pas détenir de propriété en pleine propriété (freehold) en Indonésie. Les modes de détention disponibles sont le bail emphytéotique (leasehold, généralement 25 à 80 ans renouvelable) ou des structures via des sociétés indonésiennes (PT PMA). La sécurité juridique est moindre qu'à Dubaï ou à Singapour. Ces contraintes doivent être bien comprises avant tout investissement immobilier à Bali.
L'évolution réglementaire et le durcissement des contrôles
L'Indonésie a significativement renforcé ses contrôles fiscaux et migratoires ces dernières années, notamment à Bali. Les règles sur la résidence fiscale, les visas et les obligations déclaratives évoluent. Une mise à jour régulière de sa situation auprès d'un conseiller local est indispensable pour rester en conformité.
FAQ
Questions fréquentes — Français à Bali.
La fiscalité à Bali est-elle différente du reste de l'Indonésie ?
Non. Bali est une province de l'Indonésie et il n'existe pas de régime fiscal proprement 'balinais'. Le droit fiscal national indonésien s'applique uniformément sur tout le territoire. Les seules spécificités locales sont administratives (bureaux des impôts locaux, KPP) et non fiscales.
Un Français à Bali est-il imposé sur ses revenus en France ?
S'il est effectivement non-résident fiscal français, ses revenus d'activité perçus en Indonésie ne sont pas imposables en France. Ses revenus de source française (loyers, dividendes de sociétés françaises avec retenue à la source française) restent soumis à l'impôt en France selon les règles des non-résidents et la convention France-Indonésie de 1979. S'il est résident fiscal indonésien, il devra déclarer ses revenus mondiaux en Indonésie — la convention organise la répartition et évite la double imposition.
Bali est-elle fiscalement avantageuse par rapport aux pays du Golfe ?
Non, pas de la même manière. Les pays du Golfe (Dubaï, Abu Dhabi, Qatar) n'imposent pas les revenus des personnes physiques. L'Indonésie, elle, impose les revenus mondiaux de ses résidents fiscaux selon un barème progressif jusqu'à 35 %. L'attractivité de Bali est davantage liée à la qualité de vie, au coût de la vie et à certains dispositifs spécifiques (visa digital nomad, exonération temporaire des revenus étrangers) qu'à une fiscalité structurellement nulle.
Le visa digital nomad permet-il d'éviter les impôts en Indonésie ?
Sous certaines conditions, oui partiellement. Le visa 'Remote Worker' et les dispositions de la loi omnibus peuvent permettre de ne pas être imposé sur les revenus de source étrangère (clients non indonésiens) pendant la durée du visa ou pendant une période de 4 ans pour certaines professions. Ces dispositifs ont des conditions précises et évoluent — une vérification actualisée auprès d'un conseiller local est indispensable avant de s'appuyer dessus.
Peut-on acheter un bien immobilier à Bali en tant qu'étranger ?
Pas en pleine propriété (freehold). Les étrangers peuvent accéder à l'immobilier balinais via un bail emphytéotique (leasehold, généralement 25 à 80 ans renouvelable) ou via une société indonésienne (PT PMA). La sécurité juridique de ces montages est variable et dépend fortement de la qualité de la documentation et du conseiller local. Une due diligence sérieuse est indispensable avant tout investissement.