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Français à Monaco : ce que la convention de 1963 change vraiment.

Un Français à Monaco reste imposable en France sur ses revenus mondiaux. Ce guide explique ce que Monaco change réellement pour un citoyen français — et ce qu'il ne change pas.

Français MonacoConvention franco-monégasque 1963IFI MonacoSuccession MonacoFiscalité Monaco

Barème français

Impôt sur le revenu (Français)

Les Français à Monaco sont imposés en France comme s'ils y résidaient

Allégé

IFI (Français à Monaco)

Pas d'IFI sur l'immobilier situé hors de France — dont l'immobilier monégasque

1963

Convention fiscale

Convention franco-monégasque du 18 mai 1963 — objectif : éviter la non-imposition

0 %

Droits de succession à Monaco

En filiation directe sur les biens situés à Monaco

Situation unique

Monaco et les Français : une convention qui n'a pas d'équivalent.

Monaco est souvent citée comme une destination fiscalement avantageuse. Cette réputation est vraie pour les ressortissants étrangers — il n'y a effectivement aucun impôt sur le revenu à Monaco pour les non-Français. Pour les Français, la réalité est très différente. Ce guide explique ce que Monaco change réellement pour un citoyen français — et ce qu'il ne change absolument pas.

Monaco : un cas unique dans le paysage fiscal international

La plupart des conventions fiscales internationales ont pour objectif d'éviter la double imposition — qu'une même personne ne soit pas taxée deux fois sur les mêmes revenus. La convention franco-monégasque de 1963 a un objectif inverse : éviter la double absence d'imposition. En 1962, face à l'afflux de Français cherchant à échapper à l'impôt en transférant leur résidence à Monaco, la France a exercé une forte pression sur la Principauté — allant jusqu'au blocus douanier. Les accords du 18 mai 1963 ont tranché : les Français domiciliés à Monaco sont traités fiscalement comme s'ils résidaient en France.

La convention de 1963

Ce que la convention franco-monégasque impose.

La règle de base : les Français à Monaco paient l'impôt français

L'article 7-1 de la convention du 18 mai 1963 est explicite : les personnes physiques de nationalité française qui transportent leur domicile ou leur résidence à Monaco sont assujetties en France à l'impôt sur le revenu dans les mêmes conditions que si elles avaient leur domicile ou leur résidence en France. Concrètement, un Français résidant à Monaco dépose sa déclaration de revenus en France, paie l'impôt sur le revenu en France sur l'ensemble de ses revenus mondiaux, et est soumis à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus. Il est traité fiscalement comme un résident fiscal français.

Les exceptions : qui peut échapper à cette règle ?

La convention de 1963 prévoit des exceptions très limitées. Sont exonérés de cette règle : les Français qui pouvaient justifier de cinq ans de résidence habituelle à Monaco à la date du 13 octobre 1962 (une poignée de personnes aujourd'hui très âgées) ; les Français nés à Monaco qui y ont constamment maintenu leur résidence depuis leur naissance. En pratique, pour tout Français s'installant à Monaco aujourd'hui, la règle d'imposition française s'applique sans exception.

Monaco n'est pas une convention pour éviter la double imposition

Cette situation est radicalement différente de toutes les autres destinations couvertes sur ce site. À Dubaï, Singapour, en Suisse ou en Espagne, la question centrale est de savoir si vous avez effectivement rompu votre résidence fiscale française. À Monaco, la rupture de résidence fiscale française est impossible pour un Français — la convention le prévoit explicitement. Ce n'est pas un risque à gérer, c'est une certitude juridique.

Avantages réels

Ce que Monaco change vraiment pour un Français.

1

Pas d'IFI à Monaco sur le patrimoine immobilier hors de France

C'est l'un des avantages réels et significatifs pour un Français à Monaco. L'impôt sur la fortune immobilière (IFI) ne s'applique pas sur l'immobilier situé hors de France — notamment l'immobilier détenu à Monaco lui-même. En revanche, les biens immobiliers situés en France restent soumis à l'IFI selon les règles habituelles. Un Français à Monaco qui détient un appartement à Monaco (à la valeur souvent très élevée) et un appartement en France n'est imposé à l'IFI que sur le bien français. C'est une différence notable par rapport à un résident fiscal français classique qui serait soumis à l'IFI sur son patrimoine immobilier mondial net.

2

Pas de CSG/CRDS sur les revenus du patrimoine perçus à Monaco

Les prélèvements sociaux (CSG, CRDS) ne s'appliquent pas aux revenus du patrimoine perçus à Monaco par un Français résidant dans la Principauté — notamment les intérêts, dividendes et plus-values financières perçus via des établissements financiers monégasques. Pour les revenus de source française, les prélèvements sociaux restent applicables. Cette exemption peut représenter une économie significative pour les profils à fort patrimoine financier logé à Monaco.

3

Droits de succession à Monaco : 0 % en filiation directe

La convention franco-monégasque du 1er avril 1950 répartit le droit d'imposition des successions en fonction de la localisation des biens. Les biens situés à Monaco sont soumis aux droits de succession monégasques — qui sont de 0 % en filiation directe (parents, enfants, époux). Un Français résidant à Monaco qui transmet ses avoirs financiers et son immobilier monégasque à ses enfants peut bénéficier de cette exonération sur les biens situés en Principauté. Les biens situés en France restent soumis aux droits de succession français.

4

Les PEA et contrats d'assurance-vie français restent valables

Les Français résidant à Monaco demeurent fiscalement domiciliés en France et conservent le bénéfice de leurs enveloppes fiscales françaises. Le régime fiscal du PEA (Plan d'épargne en actions) ouvert dans un établissement bancaire français est inchangé. Les contrats d'assurance-vie français ouverts avant le départ ne sont pas clôturés. C'est un avantage pratique par rapport à d'autres destinations où le départ de France peut entraîner des contraintes sur ces enveloppes.

Points de vigilance

Ce qu'il ne faut pas négliger à Monaco.

Les obligations déclaratives restent françaises

Un Français à Monaco dépose sa déclaration de revenus en France, paie ses impôts en France, et est soumis à toutes les obligations déclaratives d'un résident fiscal français — y compris la déclaration des comptes bancaires à l'étranger (formulaire 3916). L'administration fiscale monégasque transmet chaque année à la France un état des salaires et prestations réalisés par des Français à Monaco pour s'assurer de leur bonne déclaration. Le contrôle est effectif.

Les activités commerciales à Monaco : un impôt spécifique

La convention de 1963 prévoit un impôt sur les bénéfices pour certaines entreprises à Monaco. Les bénéfices commerciaux, industriels ou artisanaux réalisés à Monaco par des personnes physiques sont soumis à un impôt monégasque lorsque plus de 25 % du chiffre d'affaires est réalisé hors de Monaco. Ce régime doit être pris en compte dans la structuration des activités économiques à Monaco.

La double nationalité : une zone de complexité

Les personnes détenant à la fois la nationalité française et une autre nationalité non monégasque résidant à Monaco peuvent se trouver dans des situations complexes. La convention de 1963 s'applique en raison de la nationalité française, mais certaines situations hybrides (revenus de source étrangère, structuration via des entités étrangères) peuvent créer des interrogations que la convention ne résout pas clairement. Une analyse au cas par cas est indispensable.

FAQ

Questions fréquentes — Français à Monaco.

Un Français peut-il vraiment ne pas payer d'impôt sur le revenu en s'installant à Monaco ?

Non. C'est le mythe fondamental à dissiper. La convention franco-monégasque du 18 mai 1963 impose que tout Français domicilié à Monaco soit soumis à l'impôt sur le revenu en France sur l'ensemble de ses revenus mondiaux, exactement comme s'il résidait en France. Il n'y a pas d'exception pour un Français s'installant aujourd'hui. Les seules exceptions concernent des situations historiques qui concernent une poignée de personnes très âgées.

Quels sont les vrais avantages fiscaux de Monaco pour un Français ?

Les avantages réels sont ciblés : absence d'IFI sur l'immobilier situé hors de France (notamment l'immobilier monégasque), absence de CSG/CRDS sur les revenus du patrimoine perçus via des établissements financiers monégasques, et droits de succession de 0 % en filiation directe sur les biens situés à Monaco. Pour un profil à fort patrimoine financier et immobilier localisé à Monaco, ces avantages peuvent être significatifs — mais ils ne portent pas sur l'impôt sur le revenu.

Un Français à Monaco doit-il déclarer ses revenus en France ?

Oui, obligatoirement. Un Français résidant à Monaco dépose sa déclaration de revenus en France et paie l'impôt sur le revenu en France sur ses revenus mondiaux selon le barème français. L'administration fiscale monégasque communique chaque année à la France un état des revenus perçus à Monaco par des Français. Il n'y a pas de possibilité légale de ne pas déclarer.

Monaco est-il pertinent pour un Français souhaitant réduire sa fiscalité ?

Sur l'impôt sur le revenu, non — un Français à Monaco paie exactement le même impôt sur le revenu qu'en France. Les avantages réels (IFI, succession sur biens monégasques, CSG sur revenus financiers monégasques) sont significatifs pour des profils à très fort patrimoine localisé à Monaco. Pour un profil moyen, les coûts d'installation (loyers parmi les plus élevés au monde, coût de la vie) l'emportent probablement sur les avantages fiscaux résiduels.

L'assurance-vie luxembourgeoise a-t-elle un intérêt particulier pour un Français à Monaco ?

Puisqu'un Français à Monaco reste résident fiscal français, la fiscalité des rachats sur un contrat luxembourgeois est la fiscalité française — la flat tax ou le barème progressif selon les options. Les avantages de l'assurance-vie luxembourgeoise (triangle de sécurité, architecture ouverte, portabilité) restent valables. Sur le plan fiscal, la situation est identique à celle d'un résident en France — sauf pour l'application des prélèvements sociaux sur les produits financiers perçus via des structures monégasques.

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