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Article · Fiscalité immobilière · Non-résident

Revenus locatifs français depuis l'étranger : ce que doit savoir tout non-résident (2026).

Partir à l'étranger ne dispense pas d'impôt sur les loyers perçus en France. Ce sujet est souvent sous-estimé — pourtant mal géré, il peut générer des redressements significatifs. Voici ce qu'il faut comprendre pour optimiser sa situation et rester conforme.

Revenus fonciersNon-résidentLMNPPrélèvements sociauxRetenue à la sourceConvention fiscale

Principe

Pourquoi les loyers français restent imposables après le départ.

En droit fiscal international, les revenus immobiliers sont imposables dans le pays où se situe le bien. Ce principe est quasi universel et repris dans l'ensemble des conventions fiscales signées par la France. Autrement dit : si votre appartement est à Paris, vos loyers sont imposables en France — même si vous vivez à Singapour, Dubaï ou au Portugal.

Ce principe s'applique indépendamment de votre résidence fiscale, de votre nationalité, et même de l'existence ou non d'une convention fiscale entre la France et votre pays d'accueil. L'absence de convention aggrave simplement le risque de double imposition.

Les revenus locatifs de source française restent imposables en France même après le départ, quel que soit votre pays de résidence.
Le taux minimum d'imposition est de 20 % pour les non-résidents (30 % au-delà de 27 478 € de revenus nets).
Les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % s'appliquent — sauf si vous êtes affilié à un régime de sécurité sociale dans l'UE/EEE/Suisse.
La retenue à la source est obligatoire si le locataire est une personne morale ou si vous passez par un gestionnaire professionnel.
Le régime micro-foncier (abattement 30 %) reste accessible aux non-résidents sous conditions.
Une convention fiscale peut réduire ou neutraliser l'imposition française selon votre pays de résidence.

Taux d'imposition

Quel impôt paie-t-on sur ses loyers en tant que non-résident ?

⚠ Avertissement important

Les taux et seuils présentés dans cet article sont indicatifs et basés sur les règles connues au moment de la rédaction. Ils sont susceptibles d'évoluer chaque année (loi de finances, LFSS). Ces données ne constituent pas un conseil fiscal et doivent être vérifiées auprès d'un professionnel qualifié ou sur le site officiel des impôts avant toute décision.

Le régime fiscal des non-résidents diffère sensiblement de celui des résidents. Un taux minimum d'imposition s'applique, indépendamment des autres revenus du foyer.

20 %

Sur les premiers 27 478 € de revenus nets fonciers

Taux minimum applicable aux non-résidents, contre un taux marginal qui peut être inférieur pour les résidents à faibles revenus.

30 %

Au-delà de 27 478 € de revenus nets fonciers

Taux majoré au-delà du seuil. Un non-résident avec 50 000 € de revenus fonciers nets paiera 20 % sur 27 478 € et 30 % sur le solde.

Option taux moyen

Si votre taux moyen d'imposition en France (calculé en incluant vos revenus mondiaux dans la base) serait inférieur à 20 %, vous pouvez opter pour ce taux plus favorable. Cette option est rarement avantageuse dans les faits, mais peut l'être pour des revenus locatifs modestes combinés à de faibles revenus étrangers.

Régimes d'imposition

Micro-foncier, régime réel, LMNP : quel régime choisir ?

Les mêmes régimes qu'en France s'appliquent aux non-résidents. Le choix entre micro-foncier, régime réel et LMNP dépend de la nature du bien, du montant des loyers et du niveau des charges déductibles.

Micro-foncier

Revenus bruts annuels ≤ 15 000 €

Abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers bruts. Simple à déclarer, mais moins avantageux si les charges réelles dépassent 30 % des recettes. Accessible aux non-résidents sous les mêmes conditions qu'aux résidents.

Régime réel

Obligatoire au-delà de 15 000 € ou sur option

Déduction des charges réelles : intérêts d'emprunt, travaux, assurances, taxe foncière, frais de gestion. Génère souvent un déficit foncier imputable sur les revenus fonciers des années suivantes. À privilégier si les charges sont élevées ou si un crédit immobilier est en cours.

LMNP — Loueur meublé non professionnel

Location meublée, recettes < 77 700 €/an

Régime BIC et non foncier. Permet l'amortissement comptable du bien et du mobilier, réduisant significativement la base imposable. Accessible aux non-résidents, mais nécessite un numéro SIRET et une comptabilité spécifique.

LMP — Loueur meublé professionnel

Recettes > 23 000 € ET > 50 % des revenus du foyer

Statut difficile à atteindre pour un non-résident dont les revenus principaux sont à l'étranger. Les conditions cumulatives rendent ce régime rarement applicable en expatriation.

Prélèvements sociaux

17,2 % ou 7,5 % : tout dépend de votre affiliation sociale.

Les revenus fonciers de source française sont soumis aux prélèvements sociaux, même pour les non-résidents. Mais le taux applicable dépend de votre situation sociale dans votre pays de résidence.

17,2 %

Hors UE/EEE/Suisse

Si vous résidez dans un pays hors Union européenne sans convention de sécurité sociale spécifique (Dubaï, Singapour, Hong Kong, Île Maurice…), les prélèvements sociaux s'appliquent au taux plein de 17,2 %.

7,5 %

UE / EEE / Suisse

Si vous êtes affilié à un régime obligatoire de sécurité sociale dans un pays de l'UE, de l'EEE ou en Suisse, seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % s'applique. Une attestation d'affiliation est à joindre à la déclaration (formulaire S1 ou équivalent).

Retenue à la source

La retenue à la source obligatoire dans certains cas.

Contrairement aux résidents, les non-résidents peuvent être soumis à une retenue à la source sur leurs loyers dans deux situations spécifiques.

Locataire personne morale

Si votre locataire est une entreprise, une association ou toute autre personne morale établie en France, cette dernière doit opérer une retenue à la source de 20 % sur les loyers versés. Cette retenue est ensuite imputée sur l'impôt dû lors de la déclaration annuelle.

Gestion par un professionnel établi en France

Si vous confiez la gestion de votre bien à une agence immobilière ou un administrateur de biens établi en France, celui-ci doit opérer la retenue à la source avant de vous reverser les loyers nets. Vérifiez que votre gestionnaire respecte cette obligation pour éviter tout redressement.

Location directe à un particulier

Pas de retenue à la source. Si vous louez directement à un particulier (locataire personne physique) sans passer par un gestionnaire professionnel, aucune retenue n'est requise. Vous êtes responsable du paiement de l'impôt via votre déclaration annuelle.

Conventions fiscales

L'impact des conventions fiscales selon votre pays de résidence.

La France a signé plus de 120 conventions fiscales bilatérales. Elles prévoient en général que les revenus immobiliers sont imposables dans le pays de situation du bien — donc en France. Mais elles définissent aussi comment votre pays de résidence traite ces revenus déjà imposés en France.

Émirats arabes unis

Pas de convention fiscale avec la France

Imposition pleine en France. Pas de risque de double imposition car les EAU n'imposent pas les revenus locatifs étrangers.

Royaume-Uni

Convention franco-britannique en vigueur

Revenus fonciers imposables en France en priorité. Le Royaume-Uni peut imposer mais avec crédit d'impôt égal à l'impôt français.

Portugal

Convention franco-portugaise en vigueur

Revenus fonciers imposables en France. Le Portugal accorde un crédit d'impôt. Sous le régime IFICI, les loyers perçus à l'étranger peuvent être exonérés au Portugal.

Suisse

Convention franco-suisse en vigueur

Revenus fonciers imposables en France en priorité. La Suisse accorde une exonération avec progressivité.

Absence de convention — attention à la double imposition

En l'absence de convention fiscale (certains pays du Golfe, par exemple), vous pouvez théoriquement être imposé dans les deux pays. Dans la pratique, la plupart des pays à fiscalité nulle ou faible (EAU, Qatar…) n'imposent pas les revenus étrangers, ce qui neutralise le risque de double imposition — mais ce n'est pas une garantie universelle.

FAQ

Questions fréquentes sur les revenus locatifs des non-résidents.

Dois-je déclarer mes loyers français si je vis à Dubaï ?

Oui. Les revenus locatifs de source française sont toujours imposables en France, quelle que soit votre résidence fiscale. Vous devez déposer une déclaration de revenus en France (formulaire 2044 ou 2042 selon le régime) chaque année, même si vous n'avez plus d'autres revenus français.

Quel taux d'imposition s'applique à mes loyers en tant que non-résident ?

Un taux minimum de 20 % s'applique sur les premiers 27 478 € de revenus nets (seuil 2026), puis 30 % au-delà. Si votre taux moyen d'imposition en France était inférieur à 20 % — ce qui est rare — vous pouvez demander l'application de ce taux plus favorable.

Les prélèvements sociaux (17,2 %) s'appliquent-ils à mes loyers ?

Oui, sauf si vous êtes affilié à un régime obligatoire de sécurité sociale dans un pays de l'UE, de l'EEE ou en Suisse. Dans ce cas, seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % s'applique à la place des 17,2 %. Pensez à joindre une attestation d'affiliation à votre déclaration.

Puis-je déduire les intérêts de mon prêt immobilier français ?

Oui, au régime réel. Les intérêts d'emprunt sont déductibles des revenus fonciers. Si cela génère un déficit foncier, celui-ci est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. En revanche, le déficit foncier n'est pas imputable sur le revenu global pour un non-résident.

Qu'est-ce que la retenue à la source sur les loyers ?

Si votre locataire est une personne morale (entreprise, association) ou si vous confiez la gestion à un professionnel établi en France, ce dernier doit opérer une retenue à la source sur les loyers versés. Cette retenue constitue un acompte sur l'impôt dû. Si vous gérez directement en direct avec un particulier, la retenue à la source ne s'applique pas.

Le déficit foncier est-il imputable en tant que non-résident ?

Partiellement. Le déficit foncier généré au régime réel est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. En revanche, il n'est pas imputable sur le revenu global (contrairement aux résidents qui peuvent imputer jusqu'à 10 700 € par an). C'est une différence importante à anticiper.

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Sources et références officielles

Les informations contenues dans cet article sont vérifiées à leur date de publication. La législation fiscale évolue — consultez les sources officielles et un conseil spécialisé avant toute décision.

Faire le point

Vous percevez des loyers en France depuis l'étranger ?

Régime d'imposition, prélèvements sociaux, optimisation via le LMNP, impact de la convention fiscale de votre pays : analysons ensemble votre situation locative.

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